n°15 – Pastel n°62 / novembre 2008

Peut-on encore dissocier les arts plastiques de la musique? Pas si sûr… Duchamp (et le mouvement Dada) au début du siècle dernier aura plongé pour longtemps l’objet d’art dans l’azote liquide du questionnement sans fin…

Sur Toulouse, deux plasticiens sont remarquables pour leurs machines célibataires (des dispositifs sonores pour la
plupart). Il s’agit d’Arno Fabre et de Pol Pérez. Outre leur prénom orthographié en phonétique, ils ont en commun un réel talent de constructeur (à quinze ans Pol Pérez créait des synthétiseurs) doublé d’une capacité à fouiller le son dans tous les sens… Pérez crée en 2008 une machine (Mariona) mise au point notamment avec des écoliers de Nantes : sur ce lien il est intéressant de consulter le Carnet de bord qui raconte les étapes successives du travail avec les enfants.

mariona

Mariona serait-elle un avatar de Nastasia Chemico ? (voir soxprod)

Arno Fabre a une formation de tailleur de pierre et de photographe… Son goût de la perfection fait que le visiteur est vraiment fasciné à la rencontre de ses machines (Souliers, Dropper01, Astragale Zénon l’arpenteur, etc.) (arnofabre.free.fr) ;
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il faut dire qu’elles sont très abouties, jusqu’à leur finition et leur mise en espace; et les compositions musicales exécutées par ces dispositifs sont très belles : Dropper01, par exemple, est une magnifique pièce pour gouttes d’eau et récipients (en céramique, en métal…), « machine » inspirée vraisemblablement de l’interprétation qu’a donné Charles Belmont du « pianocktail » dans son adaptation cinématographique de l’Écume des jours… La mécanique des fluides n’emprunte pas trente-six chemins. Quoi qu’il en soit ce sont toutes des œuvres qui confinent à une certaine grâce.

Un autre intérêt remarquable de la fusion homme-machine est lorsque l’improvisation est le moteur de la création : L’improvisation & l’ordinateur ; Il s’agit d’une commande du Ministère de la Recherche passée à la Compagnie Lubat et à l’IRCAM. C’est en quelque sorte le contraire des expériences évoquées précédemment. Là c’est la machine qui compose, à partir de fragments de matériaux humains. Exemple : « Le musicien humain plaque des accords. L’ordinateur génère en retour des gerbes sonores calculées en fonction du nombre de notes et de la durée de ces accords, en utilisant l’algorithme d’autotransposition. » : cette dernière expression (de l’espace !) signifie en gros qu’un logiciel se sert d’un procédé compositionnel « classique » pour improviser lui-même, sur le modèle d’imitations et de transformations…

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Ce site est très bien conçu, il y a un éventail musical et un parcours didactique ; on connait depuis longtemps le souci des compositeurs contemporains d’« expliquer » leurs travaux (« la méconnaissance du contexte d’une œuvre contraint à l’ignorance même de son sens » nous dit Michel Onfray [Antimanuel de philosophie, éd. Bréal, 2007]), et ici le parcours est bien sûr interactif, autant émaillé d’explications de mathématiciens et d’informaticiens (Kurt Gödel, Noam Chomski…) que d’aphorismes à la Lubat (Moi, je fais de la musique content-foraine…) qui servent également à « expliquer » : dans cet exemple il s’agit de comparer les règles de réécriture informatique (qui décrivent les substitutions des musiciens de jazz) aux calembours. CQFD.
Tant que la machine servira à faire de l’art et ne se prendra pas trop au sérieux…

NB : La machine célibataire est un concept de Marcel Duchamp: «L’expression désigne des moteurs incluant l’élément humain, des mécanismes anthropomorphiques et impossibles, conçus comme autant de rouages d’un désir nécessairement irréalisé et solitaire. Dans un éclat de rire parfois désespéré, souvent grinçant, toutes ces constructions parfaitement inutiles (mais pas gratuites) mettent à nu le fond des terreurs contemporaines. Toutes donnent à voir cet érotisme mécanique engendré par les ingénieurs de la civilisation industrielle (…) »

Cécile Bargues (doctorante Université Sorbonne Paris 1 Panthéon), Une histoire à l’envers des machines célibataires in « Le son des rouages», Colloque EHESS / CRAL, École des Hautes Études en Sciences Sociales / Centre de Recherches sur les Arts et le Langage, 2007

n°14 – Pastel n°61 / avril 2008

L’excellent ouvrage de Peter Shapiro « Modulations, une histoire de la musique électronique »(Peter Shapiro, Rob Young, Simon Reynolds, Kodwo Eshun, Modulations : Une histoire de la musique électronique, traduit de l’anglais par Pauline Bruchet et Benjamin Fau, Éditions Allia, Paris, 2004) a pour discours l’exacte simultanéité de l’invention du phonographe et de la musique électronique (outre le caractère audacieux et (peut-être) discutable de la thèse il faut dire que c’est très bien documenté : il y est question par exemple de la première apparition de l’overdrive  au cours de l’enregistrement d’un morceau de country en 1961…). Un extrait sonore est sur http://www.incipitblog.com.
Un pont entre la musique contemporaine et les musiques traditionnelles trouve une évidence dans la vaste sphère des musiques électroniques. Outre une vraie recherche d’ordre esthétique mettant en dialogue les deux domaines (par exemple Jean-François Vrod et le GMEA d’Albi, avec un questionnement incessant sur les ambiances sonores), on peut aisément établir un parallèle social, et même politique, entre ces pratiques.
Si le renouveau des musiques traditionnelles en son temps (on appelait ça « le folk ») a souvent été prétexte à « changer la vie » (récurrence de la thématique soixante-huitarde) par les premiers festivals, les rencontres, le refus du système du show-business, etc., depuis quelques années des communautés fortes s’organisent en raves, la danse (et la transe) est au cœur de l’activité… et il semble que le relai ait été pris par une multitude de militants de l’oreille, activistes du son… aussi bien des performers que des artisans virtuoses du fer à souder…

http://bananar.free.fr

Le site « ana-R » (« association au nom auto-référenciel ») propose, (sous un sigle à la couleur sans dieu ni maître à peine déguisée) des « commandos anti-bruit », une anthologie de bourdons domestiques, un musée d’instruments rares, etc. Il est vrai que l’apparition des musiques électroniques nous fait écouter le monde d’une manière totalement nouvelle : l’initiateur de ce site, Emmanuel Rébus, a même compilé des morceaux « rayés » d’enregistrements sur CD vierges et a appelé ça « Sony l’a fait » ! Ça me rappelle étrangement l’OuLiPo… D’ailleurs il existe « l’Ouvroir de Circuitage Potentiel » (c’était à prévoir…).
Le discours ambiant pour toutes ces nouvelles pratiques populaires tient en une phrase : « Le son est la manifestation physique de la vibration de la matière, et puisque nous sommes environnés de matière, nous sommes plongés dans un bain de sons ». C’est aussi l’introduction à une conférence sur la musique et les mathématiques disponible en mp3 sur http://hypatia.club.fr/lectures.html.

Quant au circuitage lui-même (traduction de l’anglais circuit bending), c’est un détournement d’objets à circuits imprimés (de jouets, le plus souvent, pour leurs dispositifs à synthèse vocale, comme la « Dictée Magique » de Texas Instruments) dans le but de faire de la musique. Le procédé a été trouvé dans les années 70 par Reed Ghazala, artiste multimédia – il a travaillé pour King Crimson, Tom Waits, Peter Gabriel…- et  on peut en trouver des définitions et des démonstrations en ligne sur son site (en anglais) : http://www.anti-theory.com/soundart/circuitbend/


ou sur http://bitcrusher.free.fr Ce site (en français) propose une quantité de démos, des samples libres de droit à télécharger, des didacticiels… (attention ! ne manipuler les objets à détourner qu’avec une tension inférieure à 12V ! – risque d’électrocution)…

Où l’on se rend compte que la « révolution électronique » s’est bien faite en douceur, et non d’un coup : on assiste à un mélange joyeux de pinces coupantes et de cartes mémoire. Le créateur du XXIe siècle aura toujours besoin du va-et-vient entre les systèmes organique et binaire.

n°13 – Pastel n°60 / novembre 2007

Etemenanki est le nom d’une ziggourat de Babylone (en sumérien, « temple de la fondation du ciel et de la terre », possible matérialisation du mythe de la Tour de Babel, selon certains archéologues… « La Confusion des langues » par Gustave Doré Les langages musicaux ancestraux ont le vent en poupe en occident ; il semblerait que la suprématie de l’écrit ait atteint un trop-plein d’arrogance… Bien sûr il est très utile d’écrire la musique, et je ne suis pas le dernier à reconnaitre que c’est un merveilleux outil, mais la colonisation et la centralisation aidant, il semblerait que la libre expression orale ait été bridée au cours du XXe siècle dans les sociétés rurales de façon conséquente (et parfois irréversible) à cause justement de la normalisation de l’écriture. En musique, l’enseignement de l’oussoul vient de la culture turque. Marc Loopuyt en est l’un des plus brillants zélateurs en France, notamment par ses stages. Depuis de nombreuses années il défend cette méthode d’enseignement de la musique orientale, d’ailleurs très souvent en opposition avec ses homologues arabes, qui eux, défendent l’académisme occidental (…?!). Dans la musique classique turque, l’oussoul est un cycle rythmique fondamental qui vient en complément de la mélodie. C’est un système d’éducation remarquable puisqu’il s’appuie sur les modes kinesthésique (on frappe ses genoux avec ses mains pour apprendre des formules rythmiques parfois très complexes), et bien sûr, oral. Usul est la graphie turque, et le mot vient vraisemblablement de l’arabe (Frank Herbert l’a d’ailleurs utilisé — comme beaucoup d’autres mots de la culture arabo-musulmane — dans ses livres pour qualifier un de ses personnages comme « base du pilier » (Frank Herbert, Le Cycle de Dune, Robert Laffont). On ne peut pas mieux nommer le rythme… Il n’y a malheureusement pas encore de matériau sur le net qui parle d’oussoul musical en français. On pourra se consoler en revoyant cet excellent film de Fatih Akin « Crossing the Bridge » (mais la musique de Turquie est tellement plurielle qu’un film ne suffit pas)… Sinon : <http://en.wikipedia.org/wiki/Usul_(music)> (en anglais). On ne peut pas parler des « langages ancestraux » sans évoquer le silbo gomero, langage sifflé de La Gomera (Canaries) : <http://www.vaucanson.org/espagnol/linguistique/lenguas_silbogomero_fran.htm> (en français et en espagnol) ; mais bien qu’il s’appuie sur de la musique, ce n’est pas un langage pour « faire » de la musique mais pour s’exprimer dans la vie quotidienne. Pour la même fonction (mais c’est une langue artificielle récente) il existe le solrésol de l’Albigeois François Sudre (François Sudre a aussi inventé un instrument à vent, le sudrophone) (1787-1864) : <http://www.uniovi.es/solresol/> ou <http://www.omniglot.com/writing/solresol.htm> (en anglais), ou, plus connue, la langue des signes initiée par l’abbé de l’Épée (1712-1789)… Autre langue des signes (retour à la musique), le Soundpainting a été inventé par Walter Thompson (Merci à Ludovic Kierasinski qui m’a fait connaitre le soundpainting ; l’école des musiques vivantes Music’Halle (Toulouse) utilise beaucoup ce langage aux vertus pédagogiques qui ne sont plus à démontrer) dans les années 70 (certainement d’après un langage ancestral…) : <http://www.soundpainting.com&gt; (en anglais). C’est un langage visuel de direction d’orchestre et de composition en temps réel, abouti, très riche (43 gestes de base, plusieurs centaines de signes, une syntaxe simple et parlante…) et très prometteur : on peut arriver avec cet outil à une improvisation structurée des plus surprenantes… Et pas seulement dans la musique : on peut même faire improviser en plaidoirie plusieurs dizaines d’avocats en même temps ou faire sévir une armée de coiffeurs avec cette technique !… j’en veux pour exemple ce morceau de Haydn (« Soundpainting Haydn ») entrecoupé (ou parfois superposé) de figures improvisées dirigées : c’est très comparable à de l’art graphique expérimental (collages, montages, duplications, etc.). En France c’est François Jeanneau, le premier directeur de l’Orchestre National de Jazz, qui semble en être le plus prolifique représentant : voir le site du SPOUMJ (<http://www.umj-asso.com/spoumj.php&gt;) À Toulouse existe depuis quelques années Le Grand Toz, et il faut aussi traquer le tout nouveau SPOOT (SoundPainting Orchestra Of Toulouse)…

n°12 – PASTEL n°59 / mai 2007

Encore une fois je me suis intéressé à la radio sur Internet. Elle a énormément évolué depuis le premier article de la Rantèla sur ce sujet (cf. Pastel n° 50, 2e semestre 2002) : le « web » est devenu le « Web 2.0 ». Explication : le développement de l’open source (qui a entraîné entre autres l’éclosion de la « blogosphère »), les lecteurs (QuickTime, Real Player, Windows Media Player… Mais celui qui tient le haut du pavé est sans conteste Flash Player) de plus en plus performants, une démocratisation des techniques, une prise de conscience planétaire de la diffusion de l’information… ont fait que (par exemple) tout un chacun a désormais la possibilité d’émettre sa propre « radio ». Évidemment comme pour les blogs, espaces gratuits d’expression, il s’agit tout de même de diffuser du sens. Et encore une fois on trouve tout sur le Net, y compris les choses sans intérêt… Une bonne définition (diversifiée, contradictoire et provisoire) du Web 2.0 est sur Wikipedia :
<http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0>.
Je me suis limité ici à quelques « radios » françaises ou francophones. Je vous ferai grâce de l’insupportable MySpace et de ses pubs énervantes, même si parfois de véritables petits bijoux s’y trouvent cachés…

<http://www.altermusica.net&gt;


Ophélie Cohen est une mordue de world music et a créé une vraie radio sur Internet, qui diffuse en permanence. Quasiment toutes les musiques du monde y sont mises à l’honneur, de la berceuse yiddish au musicien du métro qui joue du Bach… C’est là un vrai travail de radiodiffusion, de réflexion sur LES musiques qu’Altermusica nous propose. Le discours de fraternité et d’antiracisme y est très présent, doublé d’une inventivité dans l’art du reportage et d’une excellente qualité sonore (je conseille tout de même de l’écouter sur iTunes).

Une radio culturelle franco-turque :

<http://www.istanbulradio.org&gt;


Judith Meyer, la fondatrice, est professeur de français à Istanbul. On y trouve essentiellement des interviews autour des événements culturels à Istanbul. Nos compatriotes David Thélier et Richard Laniepce bien connus des lecteurs de Pastel y sont parfois invités.

<http://audioblog.arteradio.com&gt;


Ce site est une usine à blogs-radios. (« Plateforme des audioblogs d’ArteRadio »). Documentaires sonores, enregistrements de concerts, compositions, recherches, anecdotes comme « Titre des thèses » de doctorants (irrésistible !), peuplent ce site très fourni. Mais mon préféré (jusqu’à présent) est sans conteste l’OuRaPo (Ouvroir de Radiophonie Potentielle, branche de l’OuLiPo) : l’invention déployée dans ce blog est foisonnante et passionnante :
<http://audioblog.arteradio.com/OuRaPo&gt;

Exemple : la méthode S(ON)+7, ou comment la même histoire racontée plusieurs fois avec une illustration sonore différente peut être la source d’œuvres décalées…

Pour les amoureux d’électroacoustique :

<http://audioblog.arteradio.com/elektramusic&gt; par exemple la savoureuse pièce d’Eldad Tsabary « Into-Nations » créée à partir de diverses voix du monde… Surprenant.

<http://www.novaplanet.com/radio-nova/home-radio.php&gt;
« Partout dans le monde, des êtres humains ou mutants, comme vous, penchés sur des ordinateurs personnels, de vieux dictaphones ou des home studios inventent des sons que personne ne peut entendre. Des mixes impossibles, des montages étonnants, des voyages utopiques ou des bruits singuliers. » Il y a un podcast de cette émission, certes inégale mais malgré tout digne d’être citée sur cette rubrique (émission de Radio Nova, pionnière de la world music en France, tout de même !).

<http://www.silenceradio.org&gt;


Nicolas Frize compose des « suites sonores » : « La suite sonore est une fiction musicale aux vertus pédagogiques : elle joue à écouter notre environnement sonore comme une symphonie ». Ce n’est qu’une des innombrables propositions (« pastilles ») de Silence Radio, banque de sons impressionnante.
Le son envahit la Toile. Et si l’on y prête l’oreille il est créatif et généreux. De plus (à mon avis) ce n’est que le début…

2. libres, pirates et citoyens

n°11 – PASTEL n°58 / septembre 2006

La loi DADVSI sur les droits d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (voir Pastel 57 à cette même rubrique) a été adoptée en août 2006 (voir le Journal Officiel <http://www.legifrance.gouv.fr/>) et dès lors on peut s’attendre à ce que le P2P devienne un enjeu de première ligne pour les candidats à la prochaine présidentielle (Ségolène Royal s’est déjà engagée à modifier le texte en cas de victore de la gauche). D’ailleurs au niveau politique on trouve encore une fois un large consensus pour promouvoir par exemple le Logiciel Libre (c’est aussi un thème lié au P2P dans la mesure où l’utilisateur en général est soumis à la loi quoi qu’il fasse dans la « société de l’information »…). Le député-maire de Lavaur (UMP) livre un communiqué commun avec Michel Rocard (PS) sur les dangers pour la liberté individuelle de l’encodage des œuvres numériques (cités par Framasoft <http://www.framasoft.net/&gt; (d’ailleurs ce site se dit « l’annuaire de 1053 logiciels libres » : à consulter d’urgence !).

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À propos des verrous numériques de sécurité sur les CD & DVD, voir le site <http://stopdrm.info/&gt; : très instructif…

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Sur un plan plus large (question de terminologie : <http://www.april.org/> : « De nombreuses personnes utilisent le terme « Open Source » pour qualifier un de leur logiciel dès lors que son code source est accessible. Rappelant que le Logiciel Libre offre bien plus à ses utilisateurs, l’APRIL invite à préférer « Logiciel Libre » à « Open Source » pour désigner un logiciel disponible sous une licence libre. »), les altermondialistes font du Logiciel Libre un de leurs chevaux de bataille, exactement comme les tenants du courant « Alternative Libérale », qui eux, en revanche, ne sont pas du tout copains avec les faucheurs d’OGM. On y trouvera en fait des raisons différentes pour les mêmes revendications…
Pour la genèse, il faut parler immanquablement de Richard Stallman, inventeur du Logiciel Libre : <http://www.stallman.org/&gt; (site en anglais : précisons tout de suite que lorsqu’il est expliqué ce que signifie « Free Software », une distinction est établie entre « libre » et « gratuit » : en anglais, c’est le même mot).

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C’est donc lui il y a vingt ans qui a le premier développé des programmes dans le but que tout un chacun puisse les utiliser, les observer (le cas échéant pour les adapter à ses besoins, et là, la connaissance du code « source » est nécessaire), les redistribuer, les parfaire, etc., et ce dans une totale liberté. Aujourd’hui ce système est célèbre sous le nom de GNU/Linux.
Qu’on ne s’y trompe pas : le drapeau américain sur son site personnel renvoie à tout un réseau de militants (par exemple une commission de légistes qui revendique rien moins que la comparution de Bush devant un tribunal international pour crimes contre l’humanité…) ; depuis le 11 septembre, il revendique un pays sûr ET libre (il est vrai que c’est la moindre des choses dans sa position…).
Depuis l’initiative Linux, on a même vu apparaitre sur le Net des sites « mutualistes » où la modification du contenu devient de plus en plus aisée pour celui qui le souhaite. Le plus célèbre à l’heure actuelle est sans conteste Wikipedia, « encyclopédie librement distribuable que chacun peut améliorer » <http://fr.wikipedia.org/> (229 langues, dont bien sûr l’occitan <http://oc.wikipedia.org/> : contributors planvenguts !
Enchainons facilement sur Creative Commons : « L’objectif recherché est d’encourager de manière simple et licite la circulation des œuvres, l’échange et la créativité. » : <http://fr.creativecommons.org/> Voir aussi <http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft> Mais l’expression « morceau en Creative Commons » ou « film sous CC » n’est pas encore dans le langage courant, bien que la médiathèque en ligne <http://commons.wikimedia.org> soit riche de près de 900 000 fichiers (images, vidéos, sons…), base de données entièrement libre de droits. Craignons tout de même que certains dénoncent un manque à gagner pour les banques d’images payantes ! J’en profite pour me mettre hors la loi le temps d’une phrase anodine et d’un lien : « Le purin d’ortie est un produit indispensable au jardin, il vivifie et protège les plantes des pucerons et des maladies, il donne de la saveur aux légumes et de l’éclat aux fleurs ; c’est aussi le désespoir des marchands d’engrais et de pesticides pour notre plus grand bonheur et celui de la planète ». En voici la recette : <http://www.kokopelli.asso.fr> En effet, il est interdit depuis peu d’informer le public sur ces savoirs traditionnels… Car il en est des multinationales qui régissent l’agroalimentaire comme de celles qui régissent la culture : le bien commun est attaqué de toutes parts par les brevets. Soyons vigilants et réagissons avant qu’il ne soit trop tard… Quant à la pétition pour libérer les semences, c’est par là : <http://www.univers-nature.com>

1. mésaventures de la copie privée

n°10 – PASTEL n°57 / mai 2006

Une rubrique traitant à la fois de musique et de culture de l’Internet telle que celle-ci devait bien un jour ou l’autre parler de l’affaire de la copie privée et de la Licence Globale. Le débat fait rage sur les droits d’auteur, les droits voisins (les droits voisins concernent les interprètes et les éditeurs) et le « piratage » sur la toile. Essayons d’extraire de cette toile précisément, des outils de réflexion (matérialisés par des sites ou des blogs) qui pour certains ont pignon sur rue, ou d’autres qui sont ignorés car trop marginaux…
« Le piratage n’est rien d’autre que du pillage, qui s’assimile à un vol, même si ceux qui l’accomplissent n’en ont pas toujours conscience (…) » a insisté le Syndicat National des Auteurs et Compositeurs (SNAC) dans son Livre Blanc (à télécharger en .pdf, 1,3 Mo). http://www.snac.fr Ce document fait part notamment des « fausses bonnes idées » comme la Licence Globale, décriée par un consortium de syndicats d’auteurs, d’éditeurs et de producteurs (voir le site de la SACEM à ce sujet). http://www.sacem.fr

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À l’opposé se trouve la SPEDIDAM, http://www.spedidam.fr

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syndicat d’interprètes, faisant partie de L’Alliance http://www.lalliance.org qui regroupe artistes et consommateurs, et qui au contraire se démène pour promouvoir cette licence. Un « Livre Rouge » est à télécharger sur le site de la SPEDIDAM (.pdf, 1,3 Mo) ainsi que deux rapports précédents, moins actuels.
La Licence Globale Optionnelle permettrait l’échange légal de fichiers moyennant un abonnement forfaitaire annuel. Ce qui reviendrait à légaliser la pratique du Peer To Peer ou P2P (« Un réseau P2P est un réseau end-to-end — sans serveur central — dont les participants mutualisent leurs capacités dans les limites qu’ils veulent bien consentir. Il est, par exemple, difficile de savoir si les données d’un réseau P2P sont stockées sur un ensemble de disques durs individuels où s’il vaut mieux considérer qu’il s’agit d’un immense disque dur communautaire sur lequel chacun viendrait piocher au gré de sa bande passante. » [Jean-Baptiste Soufron, coordonnateur juridique de Wikimedia Foundation] http://soufron.typhon.net/ mais cette puissante technologie se heurte au droit d’auteur.
Pour François Nowak, de la SPEDIDAM, la diversité culturelle défendue par la SACEM en instaurant le téléchargement payant « est une vue de l’esprit » : les 4 majors (Universal, Sony, Warner et Emi), principaux opposants à la Licence Globale, ont contrôlé en 2005 95,7% du marché de la distribution. Effectivement il n’y a qu’à aller sur http://www.fnacmusic.com/ (téléchargement payant) pour constater qu’un bon tiers de la sélection-playlist musiques du monde est occupé par EMI ! À propos de ce secteur il faut savoir pour la petite histoire que la SACEM ignore somptueusement la musique traditionnelle. Assimilée dans le meilleur des cas à de la musique folklorique (les lecteurs de Pastel apprécieront !) c’est une musique d’« auteur inconnu », ce qui est tout de même un peu court pour définir une musique patrimoniale… Cette lacune ne s’explique que par l’intérêt économique (et non culturel) que peut représenter la musique pour la SACEM. Pas d’auteur, pas de pépettes, et donc aucun intérêt.
La SACEM, rappelons-le, est constituée d’auteurs mais aussi d’éditeurs. Elle a toujours clamé la paternité de Beaumarchais, tandis que d’autres ne voient qu’une immense escroquerie séculaire dans le simple fait de réclamer des droits d’auteur (et encore pire de la part d’éditeurs) : voir à ce sujet la fédération anti-Sacem http://www.centrebombe.org/anti-sacem.html,shadow-sky.jpg une page du site de Mathius Shadow-Sky, artiste toulousain. Toutes ces pages perso, blogs et autres forums font partie, si l’on en croit la terminologie de Joël de Rosnay (La Révolte du Pronetariat, en collaboration avec Carlo Revelli, éditions Fayard, 2006), du pronetariat, immense sphère opposée à l’infocapitalisme.

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« L’économie de gestion de la rareté n’est pas la même que celle de l’abondance » rappelle J. De Rosnay, en précisant qu’il est urgent de repenser le modèle économique de la distribution de disques et des monopoles sur la gestion des droits d’auteur… Ce biologiste, pour avoir utilisé Internet lorsque ce système s’appelait Arpanet à la fin des années 70 est bien placé pour le définir comme « écosystème informationnel » constitué de « nanomédias », ou médias citoyens et sans capitaux.

Sur les forums ou sur les blogs on pourra bien sûr trouver des éléments de réponse aux questions soulevées par le débat sur le droit d’auteur. Par exemple sur http://www.agoravox.fr/ « le média citoyen », ou sur http://www.bucheron.net/weblogs/ mais certains forums spécialisés (comme celui pour utilisateurs de Mac http://forum.macbidouille.com/) voient leurs modérateurs inflexibles sur la stricte observance de la charte interne qui n’autorise pas à parler de P2P… jusqu’à ce qu’une loi définitive soit votée. Mais le plus remarquable est que « l’appel aux pirates » lancé par le Nouvel Obs en mars 2005 réunissait dans un consensus exemplaire les pour et les contre Licence Globale.
Dans tous les cas l’actualité sur ce sujet est brûlante et à mon avis, entre jurisprudences et avancées technologiques, le débat n’en est en 2006 qu’à ses balbutiements.

n°9 – PASTEL n°56 / octobre 2005

http://www.espace-cubase.org/page.php?page=solfrl1

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Sur le site du forum des utilisateurs de ce logiciel culte, on peut entendre des échantillons de modes (Bartok, roumain, napolitain, etc.) mais on le consultera plus pour ses articles approfondis sur la technique sonore (sur l’histoire du mastering, par exemple)…

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http://www.beyhom.com/ (en français et en anglais)
Amine Beyhom est musicologue et expose sa thèse de doctorat sur ce site : il s’agit de la “systématique modale”. Bien qu’il ne soit pas indispensable de connaître ces travaux pour connaître les musiques arabes ou pour les jouer, le curieux trouvera en Amine Beyhom une personnalité universelle, aussi bien un musicien novateur qu’un organisateur de festival…

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http://www.saramusik.org (en français et en arabe)
“Saramusik : Sources Arabes sur la Musique : Histoire et théorie de la musique arabe et orientale à partir des textes. Auteurs et manuscrits, articles, forum.” Le site d’Anas Ghrab, résidant en Allemagne et en Tunisie, fourmille d’informations très diverses. Il n’y a qu’à cliquer dans l’impressionnante liste des brèves pour se rendre compte à quel point la planète des musiques arabes et orientales est opulente. On y trouvera également des débats en ligne, importantes discussions entre musicologues sur les systèmes pythagoricien, épimorique et autres…

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http://www.rebetiko.org (en anglais)
Les “Talibans du Rebetiko”, a powerful and dangerous lobby of Rebetiko fundamentalists (comme ils se dénomment eux-mêmes) poussent à la suppression pure et simple du quatrième chœur (sur un luth – oud, bouzouki, baglama, etc. – un chœur est une double-corde. ) de tous les bouzoukis existants (“dététrachordisation”) et à la “déchiotisation du rébétiko”. Explication : Manolis Chiotis est pour ces activistes la cause principale du malheur de ce genre musical dans les années 50 pour avoir ajouté un quatrième chœur à son bouzouki et en transformant la merveilleuse musique rebelle en ignoble soupe de sirtaki aux trémolos dégoulinants pour touristes gras… Il y a même un lien sur les ciseaux Fiskars. Rassurons-nous, il y a des puristes partout, même en Occitanie. Si ces derniers pouvaient au moins avoir ce sens de l’humour !…
Après cette entrée en matière (merci à Pierre-Marie Blaja qui m’a fait connaître ce site) il est bien sûr question de musique avec notamment un renvoi sur le site de “l’Institut de Rébétologie” de Londres : http://www.geocities.com/hydragathering (en anglais, grec, français et allemand).

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Il s’agit tout simplement, outre des cours et des stages, d’organiser chaque année en octobre sur l’île d’Hydra en Grèce un Saint-Chartier rebetiko…
Quant au forum de discussions du site rebetiko.org, il est passionnant (parce que passionné et très animé) : ici se retrouvent beaucoup de joueurs de rébétiko de la planète comparant par exemple le dromos “pireotikos” au maqâm turc “nikriz” avec des arguments sans appel…
Le monde du mode se porte bien, merci.

n°8 – PASTEL n°55 / avril 2005

Si les langues du monde ont droit de cité sur le net, les différents systèmes de penser la musique existent tout autant, et le nombre de sites traitant du sujet est proche de l’infini (j’exagère à peine). J’ai choisi de parler d’un site francophone — auquel beaucoup d’autres sont liés — très complet sur la question ; il s’agit du site de Jean-Pierre Poulin, “la petite encyclopédie des échelles et des modes”.

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http://www.jeanpierrepoulin.com/
Très documenté, parfois indigeste (il faut vraiment s’initier à l’unité de mesure “Bohlen-Pierce”), c’est en fait la vitrine d’un livre-CD publié à compte d’auteur, une manière d’entrer dans le monde des modes. Outre le tempérament égal flanqué de ses deux éternels modes majeur et mineur que nous connaissons bien, il y est fait mention d’autres “manières de voir” le spectre sonore (voir les liens) :

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http://home.tiscali.be/johan.broekaert3/Tuning_French.html (en néerlandais, anglais & français)
Ce site belge didactique initie l’internaute aux différents tempéraments et aux modes qui en découlent. On n’y apprendra pas que Pythagore était le gourou d’une secte mais on y trouvera des éclaircissements sur son tempérament…

http://etiop.free.fr/music.htm :
Ceci est la “rubrique musicale de Laurent Gautier”, autre site intéressant, qui reprend la théorie à zéro : “le tempérament égal n’aurait pas pu voir le jour si le mathématicien Neper n’avait inventé le logarithme en 1614” (…) l’informatique non plus, d’ailleurs…
Jean-Pierre Poulin renvoie à de nombreux liens, même les plus improbables :

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http://bekkoame.ne.jp/~dr.fuk/ (en japonais, anglais & français)
…ou comment on traduit de la musique en protéines, soit pour inhiber, soit pour exciter les plantes… une alternative bienvenue à l’utilisation de traitements chimiques et aux plantes transgéniques. Il n’y a malheureusement pas d’extrait à écouter…

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http://www.armodue.com (en italien)
Mais si vous voulez voyager au pays des microtons, je vous recommande l’écoute, dans le site Armodue, d’une guitare et d’un synthé à l’octave hexadécaphonique (divisée en 16 parties égales). C’est surprenant au début, puis peu à peu on se prend au jeu. Mais le problème reste toujours de faire coïncider pusieurs notes avec ce genre de tempérament. Une nouvelle oreille est nécessaire car ces facteurs d’instruments nous offrent de nouvelles expériences ; ils sont peut-être en avance sur leur temps, mais le fait de s’obstiner sur une division égale d’octave, qu”elle soit de 12 ou de 16, limite tout de même à un type de répertoire (ici, assez “new age”, il faut dire).

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http://web.mit.edu/randy/www/Music/comets.html (en anglais)
Cependant quand on s’amuse à partager l’octave successivement en 16, 7, 8, 10, 15 ou 22 tons égaux sur cette page du Massachusetts Institute of Technology, il faut s’attendre à des résultats quelque peu extra-terrestres. De plus ces démos sont “salies” par des effets de phaser pour “embrouiller” notre oreille avec des harmoniques… Mais quel instrument mieux que le synthétiseur, avec une banque de sons quasiment illimitée, peut-il répondre de manière adéquate à cette nouvelle manière de diviser le spectre ?

ISO 639 / LES BABEL DU NET

n°7 – PASTEL n°54 / septembre 2004

La norme ISO 639 concerne la codification des quelques 7000 langues de la terre sur Internet (y compris les langues artificielles et les langues des signes). Voir à ce sujet un site remarquable : (en anglais)

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http://www.ethnologue.com/web.asp Saviez-vous que le shuadit était un dialecte occitan, appelé aussi judéo-provençal (ou judéo-comtadin), et parlé en Avignon jusqu’en 1977 ?
La politique linguistique française est de plus en plus ambiguë. En 2004 le nombre de places offertes aux CAPES d’occitan et de breton a sérieusement diminué (de 13 à 4 pour l’occitan). Il n’y aura plus de CAPES d’arabe en 2005 (on n’a qu’à interdire purement et simplement de parler l’arabe en France, ce sera plus clair…). Quand donc les décideurs prendront-ils enfin conscience de l’extrême richesse patrimoniale de la diversité des langues, qu’elles soient régionales (ou historiques) ou encore issues de l’immigration ?

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Ceci est un site hébergé par l’Université Laval au Québec (en français) :
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/ Très complet et très intéressant, notamment par sa bibliographie, il fait part des politiques linguistiques de 270 États ou territoires autonomes répartis dans 171 pays. Où l’on prend connaissance des 39 articles (sur 88) de la Charte Européenne des Langues Minoritaires signés par la France (mais non ratifiés à ce jour), de la loi Toubon, etc. Cependant, nous nous trouvons actuellement à une époque charnière, où les institutions dévoilent (ou « se » dévoilent ?) peu à peu « le patrimoine méconnu et la créativité vivante » des langues minoritaires :
http://www.languesdefrance.com/ (en français) – Le « Portail des Langues de France » est réalisé par Libriszone (un ensemble de librairies spécialisées) et est soutenu par le Ministère de la Culture et par le Centre National du Livre. Il propose un parcours sommaire des langues du territoire (y compris l’Outre-Mer). L’internaute peut en écouter des extraits parlés… ainsi qu’y consulter, évidemment, une abondante bibliographie.

D’autres observatoires existent sur Internet, mais il y a aussi des sites plus « opératifs » :

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http://www.linguapax.org/ est un site soutenu par l’UNESCO (en espagnol, catalan, anglais & français). Il y est question de la diversité linguistique comme vecteur de paix dans le monde. Très dense, ce site regorge de textes à ce sujet, et beaucoup sont des actes de colloques internationaux. Par exemple le manifeste de Tlemcen en 2002 qui prône un « nouvel ordre linguistique international, fondé sur le plurilinguisme » (téléchargeable en version .pdf).

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http://www.terralingua.org/ (en anglais) traite plus généralement de biodiversité. Autre organisation non-gouvernementale, elle est aussi soutenue par l’UNESCO, mais également par le WWF, le National Geographic, et par d’autres organisations ou institutions environnementales nord-américaines. Ses membres parlent de diversité « bioculturelle » : « Les peuples qui perdent leur identité linguistique et culturelle perdent un élément essentiel dans un développement social qui enseigne d’ordinaire le respect de la nature et la compréhension de l’environnement et de son développement. »

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Plus porté sur le domaine politique, le site http://www.eurominority.org/ (en 21 langues), portail des minorités européennes (réalisé en Bretagne), fournit des informations (assez superficielles) sur l’innombrable quantité de nations sans état en Europe, mais cependant renvoie à de nombreux sites mondiaux du même thème, et sur l’actualité européenne concernant les minorités culturelles. Où l’on apprend avec effarement que Jacques Chirac milite pour la reconnaissance culturelle des Amérindiens… A-t-il déjà appris à balayer devant sa porte ?

n°6 – PASTEL n°53 / avril 2004

• Coma disià lo Darry Cowl (quand parla el de tot l’argent qu’a perdut al jòc), dirià ièu que i a maites de sitis intèrnet en occitan que se pòt creire, e mens que se pòt soscar… Lo fenomèna del “vilatge global” tocarià tanben (demest d’autres subjèctes) las lengas minoradas, amb fòrças paginas, mas plan malurosament dins aquelas paginas, n’i a plan que son tròp vielhas (de mai de cinq ans) o encara tròp desenhadas per d’amators. Çaquelà totas las causas cambian pauc a pauc, e aital ara se pòt anar sul malhum en particular amb lo motor Google en occitan : http://www.google.com/intl/oc… Per çò de la grafía, plan de sitis son provençals (perdon : provençaus) e d’aquel biais presentats amb las doas grafías (la de Mistral et la de Perbòsc, amb qualques còps, solament la de Mistral). Se s’escribià coma aquò (de veser http://www.felibrige.com) an’aquesta epòca (sègle XIX), èra per far coneisser una autra lenga romana e la sía literatura als francimands (çaquelà un premi Nòbel !) ; mas uèi se pòt pas mai escriure aital, que enlòc dins lo mond trobaretz pas una lenga que s’escriu d’un biais especial per esser prononciada per de monde que la parlan pas ! (Cal veser tanben http:// http://www.lpl.univ.aix.fr/ guests/ieo/ieo.html)

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Per aquèla causida, val mai se limitar a pauc de sitis, coma http://occitanet.free.fr (en occitan, francès e anglès) : aquel d’aquí es pro complet, que i a de tèmas nombroses (arts, multimedià, torisme, lingüistica (articles del Patric Sauset, que son plan interessants… mas esperam per lèu-lèu lo seu diccionari famós sul oèb…). Malurosament fòrças ligams son anullats…

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http://www.chez.com/lengadoc/ (en òc) : un siti plan fornit, que tracta de literatura, de politica, e generalament de cultura : “320 paginas oèb d’occitan montpelheirenc”…
Per parlar de causas divèrsas, i a una agéncia per l’emplec http://www.emplec.net (en òc), de Pau, e tanben un jòc de ròtle sul tèma dels trobadors ; cal anar sul “siti de Guilhem IX” :
http://www.geocities.com/Athens/7156/ (en òc), que ma’sembla plan documentat sul sègle XIII, mas los jogaires deven s’exprimir en occitan modèrn : òm pòt pas tot aver, cal pas demandar de peras a un píbol…
Qué que ne sià, las basas son pausadas per los tres milions que parlan occitan, mas a despart http://www.oc-tv.net (ont pr’aquò trapi de pècas tecnicas cada còp que vau sus aquel siti), òm espèra mai en 2004 : una expression vertadièra e una cutura de creacion contemporanea occitana sus l’intèrnet…

• Paraphrasant le comédien Darry Cowl (au sujet des sommes d’argent qu’il a perdues au jeu) je pourrais dire qu’il y a plus de sites internet en occitan qu’on ne le croit, et moins qu’on ne le pense… Le phénomène du “village global” touche donc entre autres les langues minoritaires, avec un nombre considérable de pages, mais il est à regretter que beaucoup parmi ces pages en occitan — ou sur la culture occitane — soient vieillies (plus de cinq ans) ou encore trop empreintes d’amateurisme. Mais toutes choses évoluent, et c’est ainsi qu’on peut maintenant accéder au “malhum” (réseau) grâce notamment au moteur Google en occitan :
http://www.google.com/intl/oc/…
À propos de la graphie : beaucoup de sites sont provençaux, et donc présentés avec les deux graphies (mistralienne et normative, parfois avec la seule mistralienne). Si la manière d’écrire de F. Mistral (voir http://www.felibrige.com) a été fort utile en son temps, à savoir faire connaître aux francophones une autre langue romane et sa littérature (un prix Nobel, tout de même !), il est clair qu’aujourd’hui elle n’a plus son sens, car nulle part ailleurs vous ne trouverez une langue qui s’écrit en fonction d’une autre ! (Voir aussi http://www.lpl.univ.aix.fr/guests/ieo/ieo.html).
Pour cette sélection je vais me limiter à un nombre réduit de sites :
http://occitanet.free.fr (en occitan, français et anglais) : celui-ci est assez complet, il concerne de nombreux sujets, des arts au multimédia en passant par le tourisme, et comporte quelques articles très intéressants sur la linguistique, signés Patrick Sauzet (à ce propos, on attend avec impatience la remise en ligne de son précieux dictionnaire !). Malheureusement de nombreux liens sur ce site sont invalides…
http://www.chez.com/lengadoc/ (en occitan) : site très fourni sur la littérature, la politique, la culture en général : “320 pages web d’occitan montpellierain”… Pour la diversité, je mentionnerai une agence occitane pour l’emploi, http://www.emplec.net (en occitan) basée à Pau, et un jeu de rôle sur le thème des troubadours, sur le “site de Guilhem IX” : (http://www.geocities.com/Athens/7156/ (en occitan), apparemment très documenté sur le XIIIe siècle, mais où les joueurs doivent s’exprimer en occitan moderne. On ne peut pas tout avoir non plus, faut pas exagérer…
Quoi qu’il en soit, et les bases étant posées pour les trois millions d’occitanophones, on attend toujours en 2004 (mis à part http://www.oc-tv.net et néanmoins ses petits défauts techniques récurrents) une véritable expression numérique, une vraie création contemporaine occitane sur l’internet…

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